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Points clés à retenir
- Parcours : Le Dr Borel-Kuhner est passée de la médecine d’urgence à la yogathérapie, une spécialisation dans la prise en charge de la douleur.
- Formation : Le DU « Médecine fonctionnelle et yogathérapie » de CY Cergy Paris Université forme des professionnels de santé sur 8 mois.
- Efficacité : Une étude rétrospective montre une diminution de 3 points sur les échelles de douleur grâce à cette approche complémentaire.
- Intégration : Le yoga thérapeutique est proposé en consultation hospitalière, en synergie avec les traitements classiques.
Le parcours du Dr Jocelyne Borel-Kuhner : un pivot professionnel vers le soin global
Comment passe-t-on des urgences à une consultation de douleur qui intègre le yoga ? Le Dr Jocelyne Borel-Kuhner, ancienne médecin urgentiste et chef de service, a connu un virage professionnel qu’elle décrit elle-même comme quasi « hasardeux ». C’est en pilotant le service des urgences de l’hôpital Simone Veil qu’elle découvre, presque par hasard, l’ouverture d’une consultation de yogathérapie. Le succès de cette initiative l’a poussée à se former, d’abord comme professeur de yoga, puis via un diplôme universitaire en médecine, méditation et neurosciences à Strasbourg.
Concrètement, ce qui a guidé ce tournant, c’est une observation terrain : 70 % des passages aux urgences sont liés à la douleur, et malgré des protocoles bien établis, une grande partie des patients repartent avec une prise en charge insuffisante. Confrontée à ces limites, le Dr Borel-Kuhner a cherché une autre approche, complémentaire à l’allopathie, pour des douleurs chroniques qui résistent aux traitements classiques. Cela fait maintenant plus de dix ans qu’elle se consacre à cette spécialisation, avec une conviction : le patient doit devenir acteur de son propre soulagement.
Pour les professionnels qui songent à une reconversion dans le secteur de la santé, ce parcours montre qu’une spécialisation peut s’acquérir progressivement, en combinant formation clinique et approches complémentaires, à condition de s’appuyer sur des bases scientifiques solides.
Qu’est-ce que la yogathérapie et comment agit-elle sur la douleur ?
La yogathérapie, telle que la pratique le Dr Borel-Kuhner, consiste en des mouvements de yoga adaptés, très doux, synchronisés avec le souffle. Concrètement, l’objectif n’est pas de réaliser des postures spectaculaires, mais de permettre au patient de retrouver des sensations corporelles agréables. En se reconnectant à son corps, le patient peut peu à peu rompre le cercle vicieux de la douleur : la peur du mouvement, l’évitement, l’immobilisation, puis l’aggravation.
Où en est la preuve scientifique ? Une étude rétrospective menée à l’hôpital de Pontoise montre une diminution de la douleur de 3 points sur les échelles de douleur, avec une efficacité notable sur les douleurs neuropathiques, périnéales et les sciatiques chroniques. Les mécanismes commencent à être mieux compris : une pratique régulière agit sur le système nerveux autonome et pourrait moduler l’expression de certains gènes (épigénétique), participant à réduire l’expression de la maladie. Attention, cette approche est un complément aux traitements classiques, pas un substitut : elle s’intègre dans une stratégie globale de prise en charge.
Le DU Médecine fonctionnelle et yogathérapie : une certification universitaire
C’est le cœur du dispositif : un Diplôme Universitaire (DU) créé par le Dr Borel-Kuhner, co-fondé avec le Dr Noëlla Rodenbucher et le Pr Damien Seyer, et adossé à la faculté des sciences de CY Cergy Paris Université. Selon ses propres déclarations, ce serait une première en France, même s’il faut rester prudent sur ce point.
La formation dure 8 mois, de novembre à juin, avec 150 heures d’enseignement réparties sur 3 jours par mois (jeudis, vendredis, samedis). Le volume horaire est conséquent, mais le rythme est conçu pour des professionnels en activité. L’originalité pédagogique tient dans la structure en quatre blocs :
- Bloc 1 : les fondamentaux (anatomie, physiologie, psychologie) pour comprendre le corps humain.
- Bloc 2 : l’approfondissement en yogathérapie, avec l’étude des interactions entre systèmes.
- Bloc 3 : l’impact de la micronutrition pour renforcer l’approche globale.
- Bloc 4 : les applications cliniques, avec une majorité de travaux dirigés et pratiques.
Au total, 75 % de travaux dirigés et 25 % de travaux pratiques, pour une approche très concrète. Les intervenants sont issus du monde médical et scientifique (15 % d’enseignants-chercheurs) et de la pratique (85 % de praticiens en médecine traditionnelle, psychologie, méditation ou yoga).
Les chiffres clés du DU
| Critère | Détail |
|---|---|
| Durée | 8 mois (novembre à juin) |
| Volume horaire | 150 heures, 25 jours de cours |
| Rythme | 3 jours par mois (jeudi, vendredi, samedi) |
| Niveau d’entrée | Bac+3 minimum |
| Public visé | Professionnels de santé, prévention, éducation |
| Capacité | 18 étudiants par promotion |
À qui s’adresse cette formation et quels sont les prérequis ?
Cette formation certifiante s’adresse à tous les professionnels de la santé, de la prévention et de l’éducation titulaires d’un Bac+3. On y trouve, selon les profils : des médecins bien sûr, mais aussi des kinésithérapeutes, des professeurs de yoga, des coachs sportifs, et même des psychologues.
L’objectif est de donner à ces professionnels des compétences nouvelles pour intégrer la yogathérapie et la micronutrition dans leur pratique quotidienne. Concrètement, cela permet d’ajouter une corde à son arc, que ce soit pour la prévention en santé, l’accompagnement des douleurs chroniques ou la médecine intégrative.
La bonne question à se poser ici, c’est : cette formation correspond-elle à votre projet ? Si vous êtes médecin et que vous souhaitez élargir votre offre de soins, ou si vous êtes professeur de yoga et que vous voulez approfondir l’aspect thérapeutique, ce DU est une piste sérieuse. Mais avant de vous lancer, vérifiez que vous avez le niveau requis et que votre projet professionnel est en cohérence avec la dimension clinique de la formation.
L’intégration du yoga en milieu hospitalier : un nouveau modèle de soin
Le Dr Borel-Kuhner ne s’est pas contentée de créer un diplôme. Elle a aussi mis en place des consultations de yogathérapie en milieu hospitalier, d’abord à l’hôpital Simone Veil à Eaubonne (dès 2012), puis à l’hôpital Novo de Pontoise. Aujourd’hui, avec plus de deux mille patients traités et quatre cents en file active, cette consultation est l’une des deux seules tenues par un médecin en France.
Le fonctionnement est simple : après une évaluation, le patient apprend des gestes en consultation, puis les répète chez lui deux fois par jour, avec un suivi hospitalier tous les six mois. Cette approche intégrative agit en synergie avec les traitements classiques : il ne s’agit pas de remplacer la médecine, mais de l’enrichir, en donnant au patient un rôle actif dans sa propre prise en charge.
Ce modèle de soin commence à faire des émules, et le DU de Cergy vise précisément à former d’autres professionnels à cette pratique, pour que le yoga, comme d’autres thérapies complémentaires, puisse être proposé au sein des parcours de soins hospitaliers.
Pourquoi choisir un diplôme universitaire pour se spécialiser en thérapies complémentaires ?
Dans le domaine des thérapies complémentaires, il existe beaucoup de formations, de qualité variable. Choisir un diplôme universitaire comme celui-ci offre plusieurs avantages. D’abord, une reconnaissance académique : le DU est délivré par CY Cergy Paris Université, ce qui lui confère une légitimité institutionnelle. Ensuite, une rigueur scientifique : les enseignements sont construits en lien avec les connaissances médicales récentes, et la formation est dispensée en partie par des enseignants-chercheurs.
Cet ancrage universitaire est essentiel pour la crédibilité de la discipline. Dans ma pratique d’accompagnement de projets professionnels, j’ai vu beaucoup de personnes hésiter à se lancer dans des formations non certifiantes, par peur que leur investissement ne soit pas reconnu. Ici, le diplôme permet de sécuriser un parcours, que ce soit pour une reconversion ou pour une montée en compétences.
Ce point est d’autant plus important dans le secteur de la santé, où la confiance des patients repose sur des preuves et des reconnuances. En choisissant une formation universitaire, on montre que la yogathérapie n’est pas une simple mode, mais une pratique qui s’appuie sur des bases sérieuses.
FAQ : vos questions sur le DU et la yogathérapie
Qui peut s’inscrire au DU de yogathérapie de Cergy ?
Le DU est ouvert aux professionnels de santé, de la prévention et de l’éducation, titulaires d’un Bac+3 minimum. Cela inclut les médecins, kinésithérapeutes, professeurs de yoga, coachs sportifs, etc.
Quelle est la durée et le rythme de la formation en yogathérapie ?
La formation s’étale sur 8 mois, avec 150 heures d’enseignement à raison de 3 jours par mois (jeudi, vendredi, samedi). Cela représente 25 jours de cours de 6 heures, de novembre à juin.
La yogathérapie est-elle reconnue scientifiquement pour le traitement de la douleur ?
Des études préliminaires, comme l’étude rétrospective menée à l’hôpital de Pontoise, montrent une diminution de la douleur de 3 points sur les échelles de douleur. Cependant, il faut considérer cette approche comme un complément aux traitements classiques, et non comme un substitut. Les mécanismes d’action sont en cours d’exploration, notamment via les effets sur le système nerveux autonome.
Le parcours du Dr Borel-Kuhner illustre parfaitement une tendance : la médecine s’ouvre à des approches plus globales, intégrant le corps et l’esprit. Pour les professionnels de santé, cette évolution représente une opportunité de diversifier leurs compétences et d’offrir à leurs patients des solutions supplémentaires, encadrées par une formation universitaire rigoureuse. Si vous vous interrogez sur une spécialisation ou une reconversion dans ce domaine, renseignez-vous sur les prochaines sessions : l’intérêt est réel, et la place de ce type de soin dans le système de santé ne fait que grandir.